
Vendredi 11 juin 2010
A toi Sebastian *
Les années passent et me vient la nostalgie,
De ne savoir retenir les heures de nos vies….
Qui tardivement, dans sa sagesse
M’a offert, la tendresse de ta jeunesse !
Déjà, tes doigts courent sur les touches du piano,
J’écoute et suis béate de tant de virtuosité.
C’est hier, pourtant, que tu titubais à mes pieds,
Et déjà te voilà, maintenant, Petit Homme, tout de go !
Je te revois gracile, espiègle et taquin
Attentif et colorant appliqué, tes dessins.
Fier de l’admiration qu'en mes yeux, tu pouvais lire
Et puis las, soudain, de ta voix aigüe, tu dictais ton désir,
« Grany, lis moi Tintin et le capitaine Haddock ! »
Tu étais friand des histoires de ce drôle de schnock…
Tu appris vite, à reconnaître tous les personnages,
Avant même de parler, le doigt sur la bonne image !
Inlassablement, il fallait lire, expliquer et relire,
C’est moi, qui dodelinais de la tête, sans un soupir !
« Grany, ils sont nuls ces Dupont, malgré leur âge !
Ils vont perdre Tintin, et les méchants vont l’estourbir ! »
C’était pourtant toi que je voulais calmer et endormir…
Insatiable, la BD t’enchantait, jusqu’à sa dernière page !
Du haut de tes trois ans, Hergé t’a fasciné
Quelle surprise tu nous as fait, d’adorer,
Petit Homme, et de vibrer par Tintin
De ses aventures, vers des pays lointains !
Contre mon épaule enfin, mon trésor,
Tu cèdes aux rêves et tu t’endors.
Ton regard émerveillé et d’azur,
Gonfle mon cœur de mille souvenirs,
Et mes mains te chatouillent et ton rire,
Fuse en cascades joyeuses, sous la torture !
Je profite de ces doux instants,
Pour te bisouter follement.
Ta Grany*